Pionnier du Kung-Fu et du Tai-chi-chuan en France

Le fondateur : Maître HOÀNG NAM

En 1975, Maître Hoàng Nam fonde à Antibes l’ARAMCA (Association Régionale des Arts Martiaux de la Côte d’Azur), avec la volonté de transmettre et de développer l’enseignement des arts martiaux.

À son décès, en 1992, son fils Maître Hoàng Nghi reprend la direction de l’association et choisit de la rebaptiser École Hoàng Nam, en hommage à son père et afin de perpétuer son enseignement et son héritage.

Maitre Hoang Nam - Ecole Hoang Nam

L’apprentissage et la découverte de nouvelles disciplines

À 19 ans, Hoàng Nam, toujours avide de connaissances, poursuit sa formation. Introduit par son Maître auprès d’autres experts reconnus, il étudie notamment avec Phoa Yang, qui lui enseigne le Taiji Quan, et Truong Thanh, auprès duquel il approfondit le Võ Cổ Truyền, l’art martial traditionnel vietnamien.

En 1945, dans un Vietnam marqué par la guerre, il découvre les arts martiaux japonais. Des officiers japonais occupant la maison familiale s’entraînent au Karaté, Kendo, Aïkido, Iaïdo et Bōjutsu. Hoàng Nam les observe puis est initié à ces différentes disciplines, dont l’approche, dans ce contexte de guerre, est avant tout orientée vers l’efficacité.

Cette expérience laissera par la suite son empreinte dans la conception du Kung-Fu Wutao.

À la fin de la guerre, Hoàng Nam participe aux premières compétitions d’arts martiaux. En 1948, il remporte notamment le Championnat universitaire de Saigon d’arts martiaux traditionnels.

L’arrivée en France

Un nouveau conflit bouleverse bientôt le Vietnam et déchire de nombreuses familles. Sur l’insistance des siens, Hoàng Nam quitte son pays et choisit la France comme terre d’accueil.

Il arrive à Paris en 1950, à une époque où les arts martiaux asiatiques sont encore très peu connus en France. Dès 1953, il transmet à un cercle d’initiés le Kung-Fu Thiếu Lâm, qu’il présente alors sous l’appellation de « Culture Physique Intégrale ».

En 1957, il intègre le comité technique de la Fédération de Karaté et de Boxe Libre, qu’il copréside avec un autre pionnier des arts martiaux en France, Maître Henry Plée.

La même année, Hoàng Nam ouvre sa première école officielle, s’inscrivant ainsi dans la toute première génération du Karaté européen. Parallèlement au Karaté, il transmet également ses connaissances en Aïkido, Kendo, Iaïdo et Taiji Quan.

Face à l’intérêt grandissant pour ces disciplines, il anime de nombreux stages à travers la France, mais également dans plusieurs pays européens et en Afrique.

En 1959, il retourne en Asie du Sud-Est afin de poursuivre ses recherches et de perfectionner sa pratique auprès de différents experts.

Portrait Maitre Hoang Nam

La naissance du Kung-Fu Wutao

En 1962, fort de nombreuses années d’étude et d’expérience, Maître Hoàng Nam fonde son propre style : le Kung-Fu Wutao, synthèse des différents courants d’arts martiaux chinois et vietnamiens qu’il a étudiés.

Fidèle à la tradition des Maîtres, il réserve dans un premier temps cet enseignement à ses élèves les plus avancés et les plus dignes de sa confiance.

En 1964, il est nommé conseiller technique de l’Union Française de Karaté et membre de la Commission nationale Judo (U.F.K. – F.F.J.D.A.). Pendant de nombreuses années, il sera le seul représentant du Kung-Fu en France.

En 1965, à Paris, il épouse Kim-Ly Ung, rencontrée dans la capitale alors qu’elle y poursuivait ses études. Elle s’entraîne à ses côtés et deviendra la première femme à obtenir la ceinture noire de Kung-Fu en France.

Une famille et une vie consacrées aux arts martiaux

En 1967 naît leur premier fils, Nghi, dont le prénom signifie « le prestigieux ». Il est rejoint en 1969 par son frère Long, « le Dragon », puis en 1972 par leur sœur Phuong, « le Phénix », née au Cambodge.

Durant toutes ces années, Maître Hoàng Nam poursuit sans relâche son travail de transmission, donnant de nombreux stages en France, en Europe et en Afrique.

En 1971, il est juge aux Championnats du Monde de Karaté.

En 1973, il rassemble le Kempo et le Kung-Fu au sein de l’A.N.K.F.K. Il fonde également la Fédération des Associations Françaises de Kung-Fu, Taiji et Bâton (F.A.F.K.B.T.), ainsi que la Fédération de Viet Vo Dao, aux côtés d’un conseil de grands Maîtres vietnamiens.

L’installation à Antibes

En 1975, Maître Hoàng Nam choisit Antibes pour y élever sa famille et fonde l’ARAMCA (Association Régionale des Arts Martiaux de la Côte d’Azur).

La première salle d’entraînement se situe alors avenue des Âmes du Purgatoire, au Panoramic, dans l’entresol d’une résidence.

En 1976, l’École s’installe en centre-ville, place de Gaulle. La même année, Maître Hoàng Nam est nommé Directeur Technique du Kung-Fu Wushu à la FFKAMA.

De nombreux élèves parisiens continuent à venir régulièrement suivre son enseignement ; certains choisissent même de s’installer à Antibes. Guy Moëson, Jacques Briend et Vincent Pham Ngoc comptent parmi ses disciples et poursuivent, jusqu’au début des années 1980, la transmission de son enseignement à Paris — où près de 150 élèves pratiquent alors — ou le secondent sur la Côte d’Azur.

La rue Gairaud

En 1977, Maître Hoàng Nam s’installe définitivement au 3, rue Gairaud à Antibes.

Les cours ont d’abord lieu au rez-de-chaussée de la villa, côté rue. Face au succès grandissant de son enseignement, il transforme ensuite une partie du jardin afin d’y construire une salle d’entraînement attenante de 110 m².

Son rayonnement dépasse alors largement le cadre de son école. En 1984, il participe au film Joyeuses Pâques, aux côtés de Jean-Paul Belmondo, et effectue également une démonstration à Bercy. L’année suivante, il se rend en Chine populaire, où il donne des cours dans une université.

Parallèlement, plusieurs de ses anciens élèves ouvrent leurs propres écoles et contribuent à leur tour à la transmission des arts martiaux : Vincent Pham Ngoc et Guy Moëson à Paris, Maurizio Massara en Italie, Dominique Cauwenberg en Belgique, Georges Dimitras au Cameroun, Alain Friedman en Pennsylvanie, ainsi que Philippe Comes en 1983 et Jean-Marc Guibilato en 1988 à Cannes.

Un enseignement qui continue de grandir

À Antibes, le nombre de pratiquants ne cesse d’augmenter. En 1988, Maître Hoàng Nam ajoute une seconde salle rue Gairaud, afin de pouvoir accueillir près de 200 élèves.

Cette même année, il reçoit la Médaille d’Or de la Jeunesse et des Sports du Val-d’Oise ainsi que la Médaille d’Argent de l’O.N.U.

En 1990, il est nommé Chevalier de l’Ordre du Mérite Belgo-Hispanique.

La transmission d’un héritage

Le 5 février 1992, jour de la fête du Têt, Maître Hoàng Nam s’éteint des suites du diabète.

Son fils, Maître Hoàng Nghi, reprend alors la direction de l’association et choisit de la rebaptiser École Hoàng Nam, en hommage à son père.

L’enseignement transmis par Maître Hoàng Nam depuis son arrivée en France se poursuit ainsi à travers ses élèves, ses disciples et sa famille, perpétuant l’héritage du Kung-Fu Wutao et l’esprit de son fondateur.

Couverture livre KungFu-Traditionnel Maitre Hoang Nam 1978